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Peu visible mais d'accès facile, la nappe phréatique rhénane est une ressource importante pour le développement économique régional. Peu protégée par les sols et en relation permanente avec les cours d'eau, elle est très vulnérable. Son état se dégrade du fait d'une intense activité humaine. Un tiers de la surface de la nappe est rendu impropre à un usage "eau potable" sans traitement.
Une importante ressource d’eau et d’alluvions
A l'origine, le Rhin s'écoulait vers le Sud empruntant la vallée de la Saône et du Rhône. La naissance de la chaîne des Alpes, du massif jurassien et l'effondrement du Fossé rhénan changea le cours du fleuve et le porta vers la Mer du Nord.
A l'ère quaternaire, le Fossé fut lentement comblé par les alluvions du Rhin et de ses affluents. Mélanges de sables, de galets, de graviers et d’argile, ces alluvions ont constitué, de Bâle à Lauterbourg, un vaste réservoir aquifère, siège de la nappe phréatique rhénane. Leur épaisseur moyenne est de 70 mètres, mais peut atteindre 240 mètres dans le secteur de Neuf-Brisach (fosse du Geiswasser).
Les alluvions ainsi déposées constituent un gigantesque gisement de matériaux sablo-graveleux de bonne qualité et d’accès facile. L’extraction de ces matériaux, réalisée à grande échelle, a des incidences importantes sur la protection de l’environnement. L’eau circulant dans les interstices, entre les galets et les graviers, constitue une nappe s’écoulant très lentement vers la Mer du Nord.
Un capital unique en Europe
Avec un volume de près de 80 milliards de mètres cube, de Bâle à Mayence, la nappe phréatique du Rhin supérieur assure 80% des besoins en eau potable et plus de 50% des besoins des industries grandes consommatrices d’eau de bonne qualité. Elle a permis le développement de l’irrigation en agriculture.
Les prélèvements d’eau de nappe sont importants avec près de 520 millions de m3 prélevés en 2000, dont 68% par les industriels, 20% par les collectivités pour l’alimentation en eau potable et 12% par la profession agricole.
Accessible à faible profondeur et affleurant localement, la nappe phréatique a donné naissance à des milieux naturels particuliers (rieds, sources phréatiques, forêts alluviales), caractérisés par une faune et une flore remarquables d’une grande diversité.
La nappe s'écoule lentement, du Sud vers le Nord, à une vitesse de l'ordre de 1 à 2 mètres par jour en moyenne, soit l’équivalent de 600 mètres par an. L’eau qui circule est renouvelée par les précipitations s’infiltrant dans les sols ainsi que par les apports du Rhin et de ses affluents qui sont en relation constante avec la nappe. On estime à 3 milliards de mètres cube les apports annuels à la nappe, ce qui est un taux de renouvellement faible.
Un patrimoine vulnérable
Potable à l’origine sur l’ensemble de la plaine, l’eau de la nappe subit des agressions diverses en lien avec une intense activité humaine du fait :
- d’une absence de couverture de sols imperméables en surface
- d’un niveau proche de la surface du sol (affleurement dans les rieds, accessibilité dans les puits et les gravières)
- des échanges permanents avec les eaux de surfaces dont la qualité est plus ou moins bonne
- d’un écoulement lent rendant difficile l’élimination des polluants.
Le transport et l’utilisation de produits toxiques, le lessivage de sels de déneigement des routes, les fuites dans les réseaux d’eaux usées, l’entretien des terrains de sport ou des voies ferrées, ou encore l’entretien des jardins par les particuliers, sont autant de causes de danger réel pour le bon état de la nappe.
La nappe a besoin de ses paysages naturels
En filtrant les eaux d’inondation, les forêts alluviales et les prairies jouent un rôle important pour la qualité des eaux qui alimentent la nappe.
Toutefois avec l’agriculture intensive, l’exploitation des gravières, l’extension des zones urbanisées ou industrielles, l’activité humaine contribue à diminuer la part de ces espaces naturels. La nappe rhénane est ainsi rendue plus vulnérable aux pollutions. Des programmes de restauration, de reconstitution et de protection des milieux alluviaux doivent donc être mis en œuvre dans tout le bassin rhénan.
Préserver les sols, c’est préserver la nappe
L’utilisation excessive d’engrais ou de produits phytosanitaires, la pratique d’assolements laissant le sol nu en hiver, le retournement des prairies expliquent en majeure partie les fortes concentrations en nitrates ainsi que la présence de pesticides dans l’eau de la nappe. Les données sur les caractéristiques des sols présentées en particulier dans la série des guides des sols d'Alsace (consulter l'article), outils s'adressant notamment aux conseillers agricoles et aux professionnels de projets d'aménagement et d'utilisation des sols, sont répertoriées dans une base de données régionale gérée par l'Association pour la Relance Agronomique en Alsace (ARAA) (consulter l'article). Les données sur les formations superficielles, couches de couverture et de protection de la nappe rhénane déterminant en grande partie la nature des sols et leur qualité agricole, sont répertoriées dans la Banque Régionale de l'Aquifère Rhénan (BRAR) de la Région, gérée par le BRGM/SGAL.
Une nappe sous observation
* Le niveau de la nappe est suivi en permanence afin de vérifier en particulier que les volumes d’eau prélevés n’excèdent pas les apports naturels d’eau à la nappe. Cette mission est assurée par l’Association de la Protection de la Nappe phréatique de la Plaine d’Alsace (APRONA) (site internet : http://www.aprona.net)
* Le suivi de la qualité globale de la nappe est assuré par la mise en oeuvre par la Région Alsace d'un diagnostic complet de la qualité de la ressource à l'échelle transfrontalière, tous les 5 ou 6 ans. Portant sur plus de 80 paramètres physico-chimiques, cet inventaire général de la qualité de la nappe rhénane est établi grâce à l’exploitation d’un réseau de plus de 750 points de mesures, côté alsacien. Ce diagnostic donne lieu à l'élaboration de différentes cartes de qualité.
Télécharger la carte "Nappe d'Alsace et Sundgau : concentrations en nitrates 2003"
Les résultats bruts des campagnes d'analyses engagées par la Région dans le cadre des inventaires généraux sont intégrés dans une base de données gérée par l’APRONA. Ils sont accessibles sur la base de données nationale sur les eaux souterraines (ADES) mise en place par l’Etat.

Des campagnes d’analyses complémentaires sont réalisées par l’Etat, à des fréquences plus rapprochées, sur des réseaux de mesures spécifiques pour le suivi des teneurs en nitrates ou en chlorures par exemple, ou pour le suivi de l’impact d’activités industrielles.
* Les différents points d'accès à la nappe (captages d'eau, piézomètres, forages) sont répertoriés dans une base de données (la Banque Régionale de l'Aquifère Rhénan/BRAR) placée sous l'égide de la Région Alsace et gérée par le BRGM/SGAL.
Ce document provient du site Internet de la Région Alsace. Nous vous recommandons d'en vérifier l'authenticité et de vous assurer qu'il s'agit bien du document de l'adresse : http://www.region-alsace.eu
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mise à jour : 08.01.2007